
En 2015, Bascou est tout d'abord vainqueur du Championnat de France en salle d'Aubière. Il passe pour la première fois de sa carrière la barre des 7 s 50 sur le 60 m haies en réalisant 7 s 48 en finale. Il est ensuite deuxième des Championnats d'Europe en salle de Prague à 1 centième de Pascal Martinot-Lagarde et devant Wilhem Belocian. Lors des Championnats du monde de Pékin, il se qualifie en gagnant sa demi-finale et en battant son record personnel (13 s 16). Bascou est cinquième de la finale en 13 s 17.
En 2016, Bascou se classe le 3 février second du 60 m haies du meeting de Düsseldorf en 7 s 52, derrière l'Espagnol Orlando Ortega (7 s 49). Il confirme cette performance le 6 février au meeting de Mondeville où il réalise 7 s 52 en séries puis 7 s 58 en finale.
Le 13 février 2016, Dimitri Bascou remporte la finale du meeting ISTAF Berlin en réalisant 7 s 41, soit une nouvelle meilleure performance mondiale de l'année et un nouveau record de France. Il améliore les 7 s 42 de Ladji Doucouré du 26 février 2005 et se place dans l'optique du titre mondial aux Championnats du monde en salle de Portland qui se disputent en mars. Présent en finale de ces championnats le 20 mars, Bascou est troisième de la finale en 7 s 48, dominé par Omar McLeod (7 s 41) et Pascal Martinot-Lagarde (7 s 46).
Le 26 juin, le Français est sacré champion de France en 13 s 05, mais ce temps ne peut être homologué à cause d'un vent à peine trop favorable (+ 2,1 m/s). Le 9 juillet 2016 à Amsterdam, il est sacré champion d’Europe du 110 m haies en 13 secondes et 25 centièmes, après avoir couru en demi-finale en 13 s 20, devant le Hongrois Balazs Baji (13 s 28) et Wilhem Belocian (13 s 33).
« Giscard président ! » À l’arrivée de la finale olympique du 110 m haies, c’est tout à fait le genre de slogan que Dimitri Bascou aurait voulu remettre au goût du jour. À dire vrai, il manquait de souffle, pas d’envie. Après un éprouvant suspense chronométrique, il découvrait avec soulagement un 3 accolé devant son nom sur le tableau du grand stade carioca. Quarante ans pile poil après Guy Drut à Montréal, un Tricolore était convié sur le podium olympique du 110 m haies.
Alors merci Giscard ! L’homme qui a modifié son destin. Giscard, c’est Giscard Samba, un entraîneur atypique et prisé. Depuis qu’il l’a pris sous son aile, le hurdler ne trébuche plus au pied des podiums. En trois ans, il s’est construit un palmarès enviable, au point de décoller vers les étoiles en 2016. « Ma meilleure année et de loin, dit-il, en soupesant ses trois médailles (or à l’Euro d’Amsterdam, bronze aux JO et aux Mondiaux en salle de Portland). J’apprécie d’autant plus que j’ai beaucoup galéré pour en arriver là.
Mais ça, c’était avant quand la poisse collait comme un vieux chewing-gum à ses pointes. « J’avais fini par me dire que la malédiction ne me lâcherait jamais. En finale, je trébuchais sur une haie. Ou le mec à côté de moi bougeait sur le coup de feu du starter et c’est moi qui étais éliminé. Ou j’étais médaillé comme à l’Euro 2014 de Zürich, avant qu’on me disqualifie… Bref, il y avait toujours un truc qui ne collait pas. » Giscard Samba a su déverrouiller la porte psychologique.
« La médaille olympique m’a ouvert des portes »
« Ensemble, détaille Dimitri Bascou, consacré à 29 ans, on a réalisé un gros travail pour positiver et aller chercher le meilleur. » Et revendiquer sa part de vitamine D. Au soleil, le Martiniquais de l’US Créteil se fait du bien. Il accueille sa nouvelle notoriété avec flegme, sans rouler des mécaniques. Le bronze lui a juste permis de se forger un horizon : « La médaille olympique m’a ouvert des portes. J’ai fait des interventions dans des salons, j’ai noué des liens avec des assurances comme la Maif et la MGEN, je suis devenu ambassadeur du sport scolaire. Et ça, c’est génial, vu que j’ai débuté l’athlétisme en UNSS. »
D’autres partenaires potentiels sont entrés en contact avec lui. Bascou est « en négociations avec un équipementier », tout en mettant en place des projets encore à « finaliser ». Altruiste, il dit qu’il aimerait bien aussi dénicher un budget pour ravaler les installations du stade Duvauchelle, son repaire d’entraînement à l’US Créteil. « Dans la salle de musculation, sourit-il, les machines sont beaucoup plus fatiguées que nous. » Il ne se plaint pas, nuance, mais s’inscrit dans une démarche d’optimisation de sa performance.
Car Bascou n’a pas fini de prendre les jambes à son cou. Son cap est déjà tracé : ce sera les JO 2020 à Tokyo. « Rio ne constituait qu’une étape, elle a été validée. Avec Giscard, nous n’en sommes qu’à peine à la moitié de notre projet. J’ai bossé physiquement depuis trois ans, mais en fait, je n’ai fait que très peu de belles courses. L’objectif, désormais, c’est de progresser techniquement. »
Son style a néanmoins tapé dans l’œil de tous les anciens. Comme Stéphane Caristan, champion d’Europe en 1986. Consultant sur Canal + aux JO de Rio, il avait le regard humide.
Les compliments de Guy Drut
Guy Drut, champion olympique en 1976, n’était pas moins bouleversé par l’éclosion de Bascou. « Je crois qu’il était heureux de ce que j’ai accompli, glisse l’intéressé. Lui succéder sur le podium m’a ému. Je me suis souvenu qu’un jour, Guy Drut était venu faire une intervention auprès des espoirs de l’Insep dont je faisais partie. Il nous avait fait passer un message pendant deux heures, nous avait projeté un court-métrage sur les haies. Quand je pense que dans le lot, je suis celui qui a remis les haies sur le podium olympique, je me sens fier… »
C’est qu’en France, la spécialité aiguise les appétits. Les talents se bousculent au portillon de départ : « En championnat de France, il y a tellement de densité qu’il faut s’arracher pour se qualifier. C’est l’une des raisons pour lesquelles on arrive à être performants au niveau international. »
Dimitri Bascou entend bien rester le meilleur, conscient d’avoir avancé d’une case. « À chaque fois que je repense à ma finale de Rio, je me revois en train de taper la 5e haie. Autrefois, je n’aurais pas réagi. Là, je me suis remobilisé pour aller chercher le bronze… Le changement, c’est là qu’il se situe. »
Londres et le thé au Sri Lanka
Une breloque olympique, ça vous change la vie. Bascou sera invité automatiquement dans tous les grands meetings de la Ligue de Diamant, lors de la saison de plein air. Il va pouvoir monnayer son nouveau statut. Et viser toujours plus haut, à commencer par le titre mondial à Londres en août 2017. « Maintenant que j’ai accompli une perf rare, je me dis : pourquoi pas ? » Au préalable, il a programmé sa saison hivernale sur 60 m haies. Trois meetings internationaux, les championnats de France puis d’Europe, avant un stage en avril sur l’île de la Réunion.
Pour en baver, pas pour buller. Après les Jeux, Dimitri Bascou s’est accordé une parenthèse enchantée. Il est allé montrer sa médaille à sa famille martiniquaise, avant de s’envoler au Sri Lanka : « Un dépaysement total, c’était idéal pour décompresser. Je suis parti en rando avec ma copine, faire le tour du sud de l’île, sac à dos. On a cueilli du thé dans les champs. » Pour préparer une infusion mêlée de lauriers olympiques. Giscard Samba a-t-il goûté la mixture ? Bascou lui en prépare d’autres. « Quand j’ai commencé à bosser avec lui, il m’a dit : ensemble, on va te construire une nouvelle carrière. Pour l’instant, Giscard tient ses promesses… »
Le
Décret du 7 mai 2021 prévoit que la production du certificat médical
n’est plus nécessaire pour l’obtention/renouvellement d’une licence
fédérale pour les mineurs. Il est remplacé, par un questionnaire de santé
Notez dans vos agendas
Calendrier des compétitions 2021/2022 (sous réserve de modifications) :
Athlé Découverte, nés entre 2011 et 2015 :
3 octobre : cross, Champigny (94)
20 et 21 novembre : cross 94, parc départemental Choisy
12 décembre : cross de Sucy (94)
16 janvier : cross Champigny (94)
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Ecole d'athlé, nés entre 2007 et 2010 :
25 septembre (MI) : equipathle, Thiais (94)
3 octobre (BE+MI): cross, Champigny (94)
9 octobre (BE) : équipathle, lieu à définir
20 et 21 novembre : cross 94, parc départemental Choisy
27 novembre (MI) : triathlon salle, Pantin
12 décembre : cross de Sucy (94)
16 janvier : départementaux cross, Champigny (94)
22 janvier (BE) : triathlon indoor, Pantin
29 janvier (MI) : pentathlon indoor, Pantin
5 février (BE) : triathlon et tetrathlon indoor, Pantin
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Groupes de spécialités, nés en 2006 et avant :
25 septembre (marche) : meeting Thiais
28 novembre et 4 décembre : départementaux individuels indoor, CDFAS (95)
11 et 12 décembre : départementaux Épreuves combinées, INSEP (94)
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Groupe Running :
4 septembre : championnat France 10km, Langueux
26 septembre : Chpt LIFA Trail court, OxyTrail, Noisiel (77)
2 et 3 octobre : cross, Champigny (94)
20 et 21 novembre : cross 94, parc départemental Choisy
12 décembre : départementaux cross court, Sucy (94)
16 janvier : départementaux cross long, Champigny (94)